Vignoble du Diois - Clairette de Die

Si je vous dis Clairette de Die, vous me dites « bulles, apéro, dessert, sucré ».

Je ne dis pas que vous avez tort, mais je dis que vous n’avez pas forcément raison. Je vous arrache 5 minutes de votre fil Instagram, pour vous faire découvrir la région viticole la plus atypique de la Vallée du Rhône.


Déjà, c’est où ?

On scinde la Vallée du Rhône en deux parties : Le Nord au-dessus de Valence et le Sud en dessous de Montélimar. Et bien, vous lancez une fléchette entre les deux et vous avez le Vignoble du Diois. C’est encore un peu la Provence, mais c’est au pied du Vercors, dans la Drôme. Vous vous rendrez compte, quand vous irez (à moins que vous y soyez déjà), que séjourner dans la Drôme, c’est déjà en soi un dépaysement. Par ses paysages magnifiques, cette sensation qu’ils vous renvoient, celle d’être loin de chez vous.

Une nature, où les travailleurs de la terre se sont fait une place, sans bousculer les équilibres, tout en préservant l’habitat des loutres, des castors et des 178 espèces d’oiseaux. Un Vignoble qui atteindra les 34 % d’agriculture Bio en 2023, la Drôme étant déjà le deuxième département bio de France. Son climat aussi, avec des températures plus variables, et plus clémentes dans la période estivale. Je vous assure qu’au mois d’août, vous êtes content de ne pas être sur la côte d’Azur.

Et évidemment, la vigne, elle, se dit la même chose. Une fraîcheur naturelle, favorisée par l’altitude, puisque le vignoble peut culminer jusqu’à 700 mètres.

Le Diois Si la star des Aoc du Diois est la Clairette de Die, l’effervescente… On fait également du vin sec et tranquille, dans cette région, qui n’échappe pas à certaines particularités.

Aoc Chatillon en Diois Appelé aussi « Les Vins du Vercors », on trouve les 3 couleurs dans cette Aoc. Ce qui lui donne, entre autre, un point commun avec Lirac et Vacqueyras. Première particularité, le cépage principal des rouges et des rosés, est le Gamay. Cépage de prédilection des coteaux du Beaujolais, il n’aime pas les climats trop chauds. La fraîcheur du Diois, lui offre donc, de bonnes conditions pour s’épanouir. On peut produire aussi du Pinot Noir et de la Syrah, mais ces derniers ont une production plus restreinte que le Gamay.

Pour les Blancs, là aussi, on ne fait pas comme les autres, puisque c’est l’Aligoté et le Chardonnay, chers à la Bourgogne, que l’on retrouve.


Si vous voulez vous rendre compte de l’équilibre naturel que l’on trouve dans le Diois, dégustez ce rouge du Domaine Poulet et Fils.

Un 100% Gamay croquant, à la fois souple et dense. La fraîcheur est constante et exalte les épices et les fruits noirs propres au Gamay.


Aoc Coteaux de Die Si 350 hectares peuvent être exploités pour cette Aoc, seulement 1,5 hectare est produit en vin blanc, soit environ 10 000 bouteilles. Le reste se retrouve dans le Crémant et la Clairette de Die. Un hectare et demi, partagé entre 4 ou 5 vignerons.

C’est ce que l’on appelle un vin de niche. Le Coteaux de Die est en 100% Clairette.

Ça n’a l’air de rien, comme ça, mais je peux vous dire que la Clairette est certainement le cépage en blanc, que l’on verra de plus en plus dans la Vallée du Rhône.

Un des plus anciens du sud et très bien adapté à la sécheresse. Au contraire d’un Grenache blanc qui donne des vins plus massifs, la Clairette est beaucoup plus fine et fraîche.

Cuvée « L’oublié » - Domaine Peylong Un vin terriblement harmonieux, profond, d’une rondeur caressante, avec une forte expression aromatique, sur les fruits jaunes et notes beurrées.

Un très très joli vin !

Clairette de Die

Quel est le cépage majoritaire dans la Clairette de Die ? Et bien non, c’est le Muscat.

Clairette, pour « clairet », qui veut dire vin clair. Le cépage Clairette ne représente que 20% de l’encépagement pour 80% de muscat. La Clairette de Die est la production la plus importante du Diois avec 1700 hectares et la plus grande appellation de vins naturellement effervescents au monde.

Le vrai Pet’ Nat ?

Et oui, les pétillants Naaaaatureeeellls, la grande mode ! C’est sympa les modes. C’est tellement naturel, qu’on y rajoute une solution de sucre de canne et des levures pour provoquer une deuxième fermentation alcoolique. Alors que pour la Clairette Die, on est encore à vinifier sans aucun levurage, ni aucun ajout de sucre. (Franchement, les vignerons, vous êtes vraiment en retard… Mettez-vous à la mode ! ) Blague à part, cela a le mérite que l’on s’y attarde deux secondes. Comme vous le savez, ce sont les levures qui transforment le sucre en alcool. Il y a les levures indigènes, c’est-à-dire naturelles, qui se trouvent sur le raisin, ou même parfois dans la cave. Elles doivent être de bonne qualité, car il leurs faut beaucoup d’énergie pour transformer les sucres. Et dans la méthode ancestrale, il y a deux fermentations. De plus, dans les levures indigènes, peuvent se trouver des « mauvaises » levures qui vont porter atteinte à votre vin.

Que ce soit en effervescent ou en vin tranquille, on a la possibilité de rajouter des levures sélectionnées qui vont faire le taf, comme on dit. Et bien pas dans le Diois ! C’est d’ailleurs un grand mystère pour nombres d’œnologues qui découvrent la région, tout se fait naturellement, sans que le vigneron intervienne. Et évidemment, il ne rajoute pas non plus des sucres… Un cas unique, dans le monde des effervescents Français.

Une méthode Si les Gaulois plongeaient des jarres de jus de raisin, pour le laisser fermenter doucement dans la Drôme, les techniques ont bien évolué. Aujourd’hui, on parle de méthode dioise ancestrale. Sans rentrer dans les détails (on approche des 5 minutes), après récolte, les jus fermentent lentement et à basse température. Avant que le moût de raisin ne se transforme totalement en vin, il est mis en bouteille. La fermentation se poursuit, la mousse se forme dûe à la pression. On dégorge pour filtrer les dépôts et on remet en bouteille. Voilà… En gros. Pour les amoureux des procédures, vous pouvez affiner ici

Une allée parmi tant d'autres...

Avec 12 millions de bouteilles produites par an, vous imaginez bien qu’il faut investir un peu dans la cave.

Une méthode industrielle précise, qui coute cher, dont l’innovation technique est régulière.

C’est un peu le rôle de la Cave Coopérative « Jaillance ».

Avec ses 200 producteurs et ses 7 millions de bouteilles, c’est le plus gros faiseurs de Clairette de Die. C’est indéniablement un des moteurs de l’appellation, mais qui n’oublie pas de partager ses innovations avec les caves indépendantes.


Elle joue pleinement son rôle d’ambassadrice, en accompagnant les coopérateurs, dès l’achat du plan de vigne, en passant par la conversion en bio.

Sous les bulles

La cabane au fond du jardin

Je l’avoue, il m’a fallu du temps pour apprécier « les bulles ». C’est quoi un effervescent, à part de la mousse qui vous font travailler le risorius ? Allez d’accord, y a des bulles plus ou moins fines, mais après ? Et bien après, ou même avant, il y a la notion de terroir. Elle est très présente dans le Diois. La première raison est certainement dûe à un vignoble très vallonné, voir escarpé, avec des expositions différentes. Sur une seule parcelle, les raisins du haut seront différents de ceux d’en bas. Ce qui donne aux vignerons une multitude de possibilités pour créer des cuvées. La deuxième, vient aussi des fameuses levures indigènes. Elles sont forcément différentes d’un terroir à l’autre, et offrent ainsi d’autres variations.

Apéro ?

En termes d’accords, là aussi, la Clairette de Die n’est pas réductible. Si son côté gourmand, pousse instinctivement, à la déguster en apéro ou au dessert, elle se marie très bien avec un foie gras, des crustacés, mais aussi avec la cuisine asiatique, qu’elle soit épicée ou sucrée/salée. Ce n’est pas pour rien que les Japonais sont des bons importateurs de Clairette de Die.


Déclinaison de Die

En marge de la production de Clairette, vous trouverez aussi le Crémant de Die et la Clairette de Die Brut. Deux effervescents secs qui peuvent être une alternative au champagne, pendant un apéro, et même au cours d’un repas.

Pour témoignage, je vous conseil de découvrir le Crémant de « L’union des Jeunes Viticulteurs Récoltant ».

Puisque je vous parlais de terroir, là vous avez un bon exemple : Des bulles fines, une fraîcheur bien maitrisée, qui libère des notes de silex et des touches fumées.

Vous pouvez également vous amuser à créer des cocktails. Le crémant, la Clairette classique ou brut sont des bonnes bases pour s’amuser un peu.


Voilà pour ce petit tour d’appellation.

Mon petit road-trip dans le Diois a été un éclairage sur cette appellation. Elle offre à la Vallée du Rhône une singularité, déjà par sa production de bulles, mais aussi pour un tas d’autres raisons : Climat, encépagement, agriculture bio, ect…

Elle offre une richesse supplémentaire aux vins de la Vallée du Rhône. Ne cherchez pas, il n’y a pas de comparaison…


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