En passant par là... N°2

Parce qu'ils m’ont réservé un bel accueil, qu’ils ou elles ont pris de leur temps, que leurs vins étaient bons, voici un petit tour des domaines dont j’ai croisé la route et qui j’espère croiseront la vôtre.


Domaine Comte de Lauze - Anne Foucher-Dayre - Chateauneuf-du-Pape

Anne Foucher-Dayre est la vigneronne du domaine Comte de Lauze. Elle se tient debout. Un verre de vin blanc tendu en avant. la photo a été prise dans le domaine. dans le fond, une cheminée.
Anne Foucher-Dayre

Crée en 1976, Anne Foucher Dayre a toujours connu le domaine. Elle y a joué, travaillé à l’adolescence et puis s’en est allée pour devenir expert-comptable. Elle ne s’y voyait pas trop d’ailleurs. Pas à sa place.

Et puis une place s’est libérée au domaine en 2004. Une place d’associée.

À la demande de son père, elle revint au domaine, mais eu la désagréable surprise de trouver le domaine dans une situation financière délicate, pour ne pas dire périlleuse.

Si Anne avoue en avoir mal dormi pendant un certain temps, elle n’est pas, pour autant, femme à baisser les bras ! Qu'à cela ne tienne, elle ne coulera pas avec le navire.

Une fois les manches remontées, elle restructura le domaine, passa son certificat de viticulture et d’œnologie, développa les ventes directes et sera présente sur tous les salons. Il lui faudra douze ans pour redresser la barre et pérenniser le domaine.

Fatiguée ? Pas du tout. Si douze années de lutte, laissent forcément des traces, sa détermination et son envie prennent le dessus. Ses prochains challenges sont de refaire le caveau et de développer l’œnotourisme… Et à mon avis, il y a des chances pour que ce soit une réussite.


Pour info, le nom du domaine vient de l’ancien propriétaire, le Comte de Lauze. Ce n’était pas son nom à la ville, mais son nom de résistant durant la Seconde Guerre mondiale… Intéressant non ?


Le Domaine

Certifié HVE3, il possède 12 hectares en Côtes-du-Rhône et 9 en appellation Châteauneuf-du-Pape.

Chose de plus en plus rare dans les domaines, le Comte de Lauze propose des vieux millésimes de Châteauneuf.


Le Vin

Châteauneuf-du-Pape - 2016

Photo de la cuvée du Châteauneuf du Pape. millésime 2016. La bouteille est une un ilot de cuisine. Nicolas Bria tient une épée en plastique qu'il pointe vers la bouteille

Un nez charmant sur lequel on aime revenir. En bouche, il est doté d’une matière très fine.

Ça donne une sensation de fragilité, comme si le vin pouvait se "casser". J'ai trouvé ça très agréable, élégant et délicat.. Des tanins fins viennent structurer le tout. C’est parfaitement équilibré.


Un très bon Châteauneuf fin, droit, bien travaillé et d'une belle précision.

Prix : 26 euros



Domaine du Chat Blanc - Catherine et Stéphane Chatal - Ventoux

Stéphane Chatal à gauche ; Catherine Chatal à droite. Ils ont un verre de vin rouge à la main et sourient.
Stéphane et Catherine Chatal

Si se reconvertir dans le vin peut faire rêver, cela peut procurer son lot de surprise et d’incertitudes.

C’est le pari qu’ont fait, Catherine et Stéphane en 2015.

Ils font l’acquisition d’un mas à rénover au pied du Ventoux avec ses vignes.

Issus des mondes de la communication et de l’informatique, ils ont souhaité s’offrir leur rêve, une carte postale : Avoir un domaine et faire leur vin.

Si au départ, ils voyaient cela comme un hobby, le jeu les a pris et ils ont décidé de tout abandonner pour s’y donner corps et âme. Ils embrassent le métier avec détermination, tout en prenant quelques soubresauts de réalisme… « Ce que l’on n’avait pas mesuré, c’est l’incertitude de la nature ».

Mais plutôt que de renoncer ou s’apitoyer, c’est avec humilité et abnégation qu’ils apprennent leur métier. Car si leur volonté est de faire des vins les plus naturels possibles, il faut, pour cela, du temps.

Alors, ils apprennent, ils écoutent auprès de ceux qui savent. Ils restaurent une partie du vignoble et accueillent « une autre vie, plus dépouillée, plus incertaine mais plus passionnante ».

En 2018, ils signeront leur premier vin et non sans un certain succès.


Le Domaine

Il se situe à Saint-Didier et s’étend sur 5 hectares.

Le domaine était déjà cultivé en bio avant l’arrivée des Chatal.

Deux vins composent leur gamme. Un rouge et un rosé.


Le vin

Cuvée Première - 2019 - Ventoux

C’est un vin très plaisant ! Avec beaucoup de nuances et une palette aromatique intéressante, notamment sur les fruits des bois, la réglisse et les épices.

C’est facile à boire malgré sa jeunesse (mais les 2019 méritent qu’on les attende.), à la fois gouleyant et structuré. C’est droit, bien équilibré.

Curieux de voir son évolution d’ici deux ans.

Domaine à surveiller.

Prix : 12 euros



Clos Léopold - Julien Mazaloubaud - Gigondas

Un jeune domaine a vu le jour en 2017 et pas n’importe où, car ses vignes sont nichées au pied des Dentelles de Montmirail.

Si le domaine se situe dans le village de Gigondas, une jolie terrasse au-dessus du vignoble, vous rendra la dégustation magique.

À condition de demander gentiment, bien entendu.

L’heureux vigneron est Julien Mazaloubaud,

Cet autodidacte tient à sa discrétion et (encore) à la confidentialité de son domaine. Histoire de grandir à son rythme.

J’ai donc eu la chance de découvrir et surtout déguster l’unique vin du domaine sur cette terrasse.

Un moment hors du temps où l’on peut admirer les dentelles de près (ou du moins une partie) et de contempler les vignes. Car ce qui se trouvera dans votre verre à ce moment-là sera juste en face de vous.

Une expérience à vivre…


Le Domaine

6 petits hectares se trouvent à cet endroit, et seulement 5 000 bouteilles, environ, sont produites pour chaque millésime.

Le vignoble est conduit en bio avec un projet de biodynamie dans le futur.

Petite particularité : le travail du sol se fait à cheval !


Le Vin

Gigondas - 2017

Un vin à la fois délicat et racé. Au nez, on y trouvera des notes concentrées de fruits noirs, de cerise mure, de poivre, de clou de girofle avec quelques touches fumées.

La bouche est caressante, onctueuse et les tanins sont fins et structurant . La fraîcheur offre une belle tenue et maîtrise bien la puissance.

L’aromatique est aérienne et très lisible, mais sans oublier d’être complexe.

Du grand Gigondas et en plus de cela, c’était le premier millésime…

Hâte de déguster ceux à venir.

Prix : 28 euros


Voilà pour ce numéro d’ « En passant par là ».

Merci à eux de m'avoir ouvert leur porte.


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