Beaumes-de-Venise... à Paris

Je me suis rendu à, ce qu’on appelle, un déjeuner-presse, organisé par l’appellation Beaumes de Venise à… Paris

Pourquoi Paris ? Ce genre d’événement est destiné à promouvoir les vins d’une appellation, d’une région, auprès de la presse spécialisée. Et la presse spécialisée ne se trouve pas dans mon village de 482 habitants… (je fais ce que je peux...)


Alors direction Paris ou plus précisément Suresnes (92) au Restaurant Chic «Là-Haut».

Un bistro d’altitude, comme ils disent. C’est vrai que ça monte un peu… Une fois, là-haut, la vue est grandiose sur un ciel qui fait mine de gronder avec les tours de La Défense pour remparts.

À l’intérieur, c’est moderne, le personnel est sérieux, concentré et aux petits soins.

Avant de vous conter ce déjeuner de haute volée, accordé avec les vins Balméens, voici un petit tour d’horizon de l’appellation, histoire de vous situer.


Beaumes-de-Venise

Vue en hauteur de l'appellations Beaumes-de-Venise. Dans le fond on peut voir les dentelles de Montmirail
Beaumes-de-Venise

Le village de Beaumes-de-Venise se trouve dans le Vaucluse. Le nom de Venise fait référence, non pas à la ville des amoureux, mais au « Comtat Venaissin » dans lequel il se trouve. Une Déformation de « Venisse », en somme.

Qui dit Beaumes-de-Venise, dit Muscat, évidemment. Considéré comme les meilleurs du monde, ils ont été apprécié par les Papes d’Avignon, Henri IV, et même par la Reine d’Angleterre, à qui on a servi un verre le jour de son sacre (C’était celui du Domaine des Bernardins, mais vous ne dites pas que je vous l'ai dit).


Surnommé le Nectar des Dieux, c’est en 1943 que l’AOC Muscat de Beaumes de Venise (En blanc et en rouge) vit le jour.

Il a fallu un peu plus de temps aux vins rouges, pour intégrer le club des Crus.

Côtes-du-Rhône en 1956, puis en 78, Côtes-du-Rhône-Villages et c’est seulement en 2005 que l’on trouve du AOC Beaumes-de-Venise et en rouge, uniquement.

Une des particularités de cette appellation, c’est son altitude. Une partie des terroirs peuvent culminer jusqu’à 600 mètres. Et qui dit altitude, dit fraîcheur, mais on va y revenir...

Pour ceux qui veulent pousser leurs connaissances sur cette appellation, allez ici.


Dégustation !

Donc, ce déjeuner de presse a commencé par une dégustation des Muscats et des rouges.

Toujours une bonne manière de se rendre compte de l’identité d'une appellation, du profil des vins.

Pour les Muscats, s’il y a des amateurs, je sais que beaucoup ont cette image de vins sucrés. Oui, il y a du sucre, mais aussi de la fraîcheur, jamais sans lourdeur.

Sur les Muscats jeunes, on va apprécier leur fraîcheur, justement, mais aussi de la douceur, une rondeur bien tenue, associées à des notes de fruits exotiques, de litchis, de poires ou d’abricots. En vieillissant, on sera plus sur le miel, les fruits secs, les fruits confits, voir l’eau-de-vie.

Personnellement, ce sont les plus anciens qui me régalent… Tellement savoureux !


En ce qui concerne les rouges, leur profil se dessine sur la souplesse. C’est souvent tendu avec des tanins bien intégrés, voir légèrement fondus. Une aromatique assez racée, complexe, avec beaucoup de finesse.

Il y a aussi une identité minérale, avec une salinité bien marquée.

Cette particularité vient des terroirs, et se voit aussi influencée par la rivière qui traverse Beaumes et que l’on nomme la Salette, en raison de quelques sources salées qui s’y déversent.

Évidemment, ils ne ressemblent pas tous, certains étaient plus puissants et plus structurés, mais dans l’ensemble, c’est ce profil qui dominait…


À table

Une fois mon nom trouvé sur une des tables joliment dressées, la distribution des plats et des claques peuvent commencer.

Car si la cuisine était impeccable, goûteuse et raffinée, les vins, plus qu'à la hauteur des plats, les stars étaient incontestablement les accords.

Avec ces deux premières entrées, l’idée était de surprendre en associant du Muscat et du salé.

Le saumon mariné, ses légumes et sa mayonnaise aux anchois, allaient dans ce sens, mais la gambas croustillante, façon Thaï, légèrement épicée fut un accord surprenant. Non, le Muscat n’est pas seulement pour l’apéro ou le dessert, mais s’impose dans la gastronomie.

Ensuite, qui dit foie gras, dit pour le coup vin sucré et là encore… Surprise ! Le rouge du Domaine de la Ligières s’est marié parfaitement.

La souplesse, la finesse de la cuvée « Les Garennes » est venue équilibrer et amener de la fraîcheur. On pouvait aisément basculer avec le Muscat-2014- de Rhonéa, mais le rouge fut ma préférence.


Quel vin avec l’œuf ? Et bien un rouge de la Cave coopérative Rhonea, cuvée La Beaume. Cet accord est aussi permis grâce aux champignons en persillade et au jus de viande, il faut le dire… Mais encore une fois, de l’équilibre. Ni le met, ni le vin se bataillent.


Quant au Merlu rôti au beurre noisette, ses haricots de Paimpol et sa touche de chorizo, ce fut encore un rouge. On aura le réflexe de mettre du blanc sur un poisson. Logique, mais vous commencez à le comprendre, les rouges de Beaumes-de-Venise permettent pas mal de choses. Et cet accord, en est la preuve. La cuvée « Les Hauts » du Domaine Piéblanc n’a en rien altéré la texture du poisson et le chorizo a parfaitement fait le lien entre le vin et le Merlu…

J’attendais avec impatience le travers de bœuf Angus (tu m’étonnes.). Il nous a été servi avec un vin de négoce de chez Xavier Vignon. Si les vins rouges de Beaumes sont comme je vous les ai décrits plus haut, celui-là avait plus de densité, mais toujours cette fraîcheur propre à l’appellation. Un vin qui fait le lien entre la singularité des vins de Beaumes et la personnalité des appellations voisines ( Vacqueyras, Gigondas).

Ce qui a encore une fois, était un super accord. La fraîcheur venant nettoyer le gras tout en l’accueillant par son amplitude.


On a eu des fromages, mais je vous avoue que je commençais à être trop distrait pas tant de bonnes choses, je n’ai pas eu le réflexe de vous les prendre en photo. Ce que je peux vous dire, c’est que le comté et le chèvre vont très bien avec le Muscat.

En revanche, difficile de passer à travers la Sphère Chocolat Banane. À l’intérieur, on y trouvait un crumble cacao, une mousse au chocolat Jivara et des fruits exotiques.

Le tout accompagné d’un excellent Muscat du Domaine de Bernardins de 2019. C'était un peu le "Beaumes sweet home" du repas...

Un assemblage de muscat blanc et Muscat rouge.

Le repas s’acheva sur ces notes douces de fruits rôtis, de rhubarbes et cette sphère exotique et cacaotée.


J’ai donc survécu à mon premier déjeuner de presse.

En plus de ce magnifique repas, j’ai eu la chance de rencontrer certains vignerons. Tous passionnés par leur terroir, l’envie de transmettre et de porter haut une appellation, il faut le dire, moins connue que les autres.

Une journée de plaisir et d’apprentissage qui m’a permis de mieux appréhender l’identité des vins (surtout des rouges), de les découvrir sous l’angle de la gastronomie.

Autant vous dire que le retour en train a été… très apaisé.


Voilà pour mon compte-rendu !

Difficile de ne pas vous encouragez à découvrir cette appellation, même si les conditions étaient parfaites pour la découvrir en profondeur.

C'est justement parce qu'elles étaient parfaites que l'on peut en conclure que les vins de Beaumes-de-Venise ont leur place parmi les grands crus.


Personnellement, je reviendrais de temps en temps, vous dénicher quelques pépites.

Et je vous dis, à bientôt !


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